Mémoire musicale et résistance dans les camps

Chercheur principal : Philippe Despoix (Université de Montréal)
Co-chercheure : Marie-Hélène Benoit-Otis (Faculté de musique, Université de Montréal)
Chercheures postdoctorales : Cécile Quesney (Université Libre de Bruxelles), Djemaaa Maazouzi (Université de Lille 3)

L’objectif de l’équipe de recherche interdisciplinaire est d’analyser les processus de remémoration musicale et de résistance par le chant dans la création issue des camps de concentration à partir de l’opérette-revue Le Verfügbar aux Enfers, composée collectivement en 1944 dans le camp de Ravensbrück sous la direction de l’ethnologue Germaine Tillion (1907-2008). Collage multiforme combinant dialogues parlés, passages déclamés et chansons « sur l’air de » détournant des mélodies et rengaines connues de l’époque (comptines, airs populaires à la mode, publicités radiophoniques, airs lyriques…), ce document exceptionnel s’inspirait de l’opérette parodique d’Offenbach Orphée aux Enfers et visait, en représentant la vie au camp sous l’angle de la dérision, à aider les prisonnières à résister – et à survivre – par un rire et un humour solidaires. Cette revue chantée offre un cas d’étude unique de réappropriation orale de la mémoire musicale produite par la généralisation du disque et la diffusion radiophonique dans les années d’avant-guerre. Les résultats de la recherche seront archivés sous forme multimédia.

Partenaires institutionnels :
Centre de recherches intermédiales sur les arts les lettres et les techniques (CRIalt)
Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH)
Centre canadien d’études allemandes et européennes (CCEAE)
Observatoire interdisciplinaire de création et de recherche en musique (OICRM)